Suivi de l’impact des émissions d’origine industrielle sur la qualité de l’environnement à Esch-sur-Alzette
Depuis maintenant une quinzaine d’années, la ville d’Esch-sur-Alzette mène des programmes annuels de suivi de la qualité de l’environnement en lien avec les émissions industrielles dans l’air ambiant. L’objectif consiste à disposer d’un diagnostic précis et indépendant à la fois vis-à-vis des exploitants industriels et des autorités nationales. Cette autonomie assure également la possibilité d’une information directe et objective du public à l’échelle locale.
D’un point de vue pratique, le suivi s’appuie pour l’essentiel sur des techniques d’indication biologique, c’est-à-dire l’utilisation de plantes qui captent et accumulent la pollution de l’air. Ces méthodes présentent l’avantage de refléter la qualité de l’environnement sur une période plus ou moins longue et d’inclure la possibilité d’une interprétation des résultats en terme de risque de santé publique. Toutes les méthodes utilisées sont standardisées ; elles sont donc utilisées de la même façon dans de nombreux pays européens.
Technique des mousses terrestres
Dépourvues de racines, les mousses captent dans leurs feuilles les poussières de l’air ambiant pendant leur période de croissance qui s’échelonne de l’automne au printemps. L’analyse des mousses permet ainsi d’obtenir des indications sur le niveau de pollution à l’endroit de la collecte. La ville d’Esch-sur-Alzette a établi un réseau de 13 stations à travers la totalité du territoire communal. Depuis 2005, des prélèvements sont effectués chaque année en avril ; les analyses portent sur une sélection de métaux lourds et métaux traces. Les résultats sont interprétés au moyen d’une grille de qualité régulièrement mise à jour sur la base de données internationales.
Technique des cultures standardisées de choux frisés
En fin de saison, à partir d’octobre, les cultures de choux frisés prennent le relais des cultures de graminées pour une exposition de deux mois. La présence d’une couche grasse à la surface des feuilles rend les choux particulièrement intéressants pour des analyses de polluants de nature organique, spécialement les dioxines. Comme les choux sont des légumes, les résultats (dioxines et plomb) sont interprétés au moyen des références sanitaires européennes.
Technique des collecteurs de précipitation
La technique des collecteurs de précipitation consiste à exposer suivant des modalités normées des récipients munis d’entonnoirs dans le but de recueillir aussi bien les poussières qui retombent au sol (dépôts secs) que la pluie (dépôts humides). Les durées d’exposition peuvent être choisies entre un et trois mois. Les analyses portent classiquement sur les dioxines et une sélection de métaux lourds et métaux traces. Les résultats sont interprétés suivant des référentiels nationaux, notamment allemands (TA-Luft) et suisse. Contrairement aux trois techniques biologiques, la méthode des collecteurs de précipitation est appliquée de façon occasionnelle.
Plan de surveillance et conséquences
En combinant les différentes techniques, des résultats objectifs et fiables sur la qualité de l’environnement sont disponibles tout au long de l’année. Fort*e*s de données autonomes et continuellement actualisées, les responsables de la ville d’Esch-sur-Alzette sont intervenu*e*s à de nombreuses reprises dans le passé auprès des exploitants industriels comme auprès des autorités compétentes. Cet engagement sera également tenu dans le futur dans l’intérêt de la qualité de vie et de la santé des riverains.
Pour des raisons pratiques, la communication concernant le suivi environnemental est volontairement maintenue dans un format synthétique. Pour les personnes intéressées, les originaux des compte rendus sont à disposition auprès du Service écologique.